Galerie/ Gallery

« Who? Men! »

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« Gold splash »


« Though my eyes »

Paris#1


New series in progress…


Series « Collage# »


Series « Morbus Alzheimerianus »


Thématique de la première série « MORBUS ALZHEIMERIANUS »

La série qu’elle dévoilera en partie lors de sa première exposition en septembre 2017, se nomme Morbus Alzheimerianus, nom latin de la Maladie d’Alzheimer. Le ton est ainsi donné dans le titre de cette série, le principal cheminement de son travail étant de mener une réflexion sur le sens du souvenir comme principe de la constitution de soi, plongeant le spectateur dans un voyage introspectif.

Thematic. The series, she will unveil in part at her first exhibition in September 2017, is called Morbus Alzheimerianus, latin name of Alzheimer’s Disease. The tone is thus given in the title of this series, the main path of his work being to reflect on the meaning of memory as a principle of the constitution of self, plunging the viewer into an introspective journey.

Cette thématique s’est imposée d’elle-même à l’artiste, qui cherchait à dévoiler aux yeux de tous un sujet universel, accessible, loin de l’élitisme que certains recherchent à tout prix, mettant à jour de manière paradoxale, une humanité crue et sans fard. Elle recentre ainsi naturellement le public sur les principes même de l’expression artistique, l’art s’étant en tout temps nourrit de la réalité.

This theme was self-imposed on the artist, who sought to reveal to everyone an universal subject, accessible, far from the elitism that some seeks at all costs, revealing in a paradoxical way a humanity raw and unprepared. It thus naturally refocused the public on the very principles of artistic expression, art being at all times nourished by reality.

En effet, indépendamment du principe de nationalité, de quoi l’homme est-il irrémédiablement constitué? Qu’est ce qui relie chaque individu dans son universalité ? Les réponses les plus simples sont à la fois les plus complexes, et ce qui rassemble tous les hommes entre eux est la construction même de leur identité. Depuis la vie fœtale, jusqu’à la mort, les empreintes perceptives des souvenirs inscrits en nous, participent à la construction de l’être.

Indeed, irrespective of the principle of nationality, what is man irremediably constituted? What links each individual in his or her universality? The simplest answers are at the same time the most complex, and what brings all men together is the very construction of their identity. From fetal life, to death, the perceptive impressions of memories inscribed in us, participate in the construction of being.

« Sans mémoire, point de conscience, ni d’obligation morale ». L’artiste cherche donc ici à démontrer que le souvenir collectif pose les fondations des sociétés contemporaines, en établissant de par une culture commune, les limites de la morale, fluctuantes selon les pays et les continents.  Avec la mondialisation, chaque être sur cette planète dispose d’une double histoire, une histoire personnelle, propre à chacun, quoique comportant beaucoup de similitude avec des individus issus des mêmes milieux socio-géographiques, ainsi qu’une histoire commune, que l’on peut aussi nommée culture de masse, à laquelle suivra son pendant, l’inconscient collectif. De ce principe, tout le monde a ancré dans son inconscient des images de la Seconde Guerre Mondiale, et pourtant dans la jeune génération, personne ne l’a vécue. Mais les cours d’histoire, quel que soit le pays à travers le monde où elle est enseignée, la diffusion de films ainsi que de documentaires historiques ont réussi insidieusement à faire nôtres ces images. A la manière des enfants nous nous sommes appropriés ce passé qui constitue alors un « souvenir reconstruit ».

« Without memory, no conscience, no moral obligation ». The artist seeks here to demonstrate that collective memory lays the foundations of contemporary societies, establishing by a common culture the limits of morality, fluctuating according to countries and continents. With globalization, each being on this planet has a double history, a personal history, each one of which is very similar to individuals from the same socio-geographic backgrounds, and a common history, it can also be called mass culture, to which will follow its counterpart, the collective unconscious. From this principle, everyone has anchored in his unconscious images of the Second World War, and yet in the younger generation, no one has experienced it. But history lessons, regardless of the country throughout the world where it is taught, the diffusion of films as well as historical documentaries have managed insidiously to make these images. In the manner of the children we have appropriated this past which then constitutes a « reconstructed memory ».

Pour démontrer sa théorie, Clarisse Bey utilise un thème encore plus universel, au-delà des notions culturelles et transgénérationnelles, la sexualité. Qui peut dire que le sexe possède des frontières ou une langue ? Chacun le pratique, chacun a un rapport au sexe, quel qu’il soit, dans sa vie de tous les jours. Cela est d’autant plus universel que paradoxalement il touche à l’intime. Certes, suivant les pays, ou les religions, ou encore les pratiques, le sexe est diffèrent pour chacun. Dans des tableaux comme « Agathe », « Maya » ou encore «Blanche », l’artiste expose de manière frontale des instants d’intimité qui feront de toute manière réagir, pousseront le spectateur à aimer ou à détester, à s’interroger sur ses propres envies, son propre rapport à la sexualité, ses propres tabous. En somme, personne ne pourra rester insensible face à ces sujets, puisqu’au final comme le dit Freud « l’inconscient se caractérise avant tout par le fait qu’il naît du refoulement des pulsions ».

To demonstrate her theory, Clarisse Bey uses an even more universal theme, beyond the notions of culture and transgeneration, sexuality. Who can say that sex has borders or a language? Each practice, everyone has a relationship to sex, whatever it is, in his everyday life. This is all the more universal because it touches the innermost paradox. Of course, depending on the country, religion or practice, gender is different for everyone. In paintings like « Agathe« , « Maya » or « Blanche« , the artist exposes in a frontal way moments of intimacy that will in any case react, will cause the viewer to love or hate, to wonder about his own desires, his own relationship to sexuality, his own taboos. In short, no one can remain indifferent to these subjects, since ultimately, as Freud says, « the unconscious is characterized above all by the fact that it is born from the repression of impulses. »

Toute cette série de tableaux n’a donc qu’un seul but, pousser à un voyage introspectif nous forçant à nous poser la question principale sur l’origine de nos fondements, ce qui nous constitue. Ce choix de thématique a pour but de dénoncer une culture de masse, qui n’est rien d’autre qu’un processus d’acculturation et d’homogénéisation culturelle, fondés sur de puissants soubassements économiques, rendant alors la nature humaine plus que jamais uniformisée.

All this series of paintings has only one goal, to push for an introspective journey that forces us to ask ourselves the main question about the origin of our foundations, what constitutes us. This choice of theme aims to denounce a mass culture, which is nothing more than a process of cultural acculturation and homogenization, based on powerful economic foundations, thus making human nature more than ever uniform.

Créations des titres

La détermination des titres des œuvres s’inscrit elle aussi dans cette démarche globale. Le souvenir étant donc une appropriation personnelle du moment, l’artiste n’a pas souhaité marquer de son empreinte les tableaux en y imposant un titre issu de son expérience personnelle, laissant ainsi au spectateur le soin de sa libre réminiscence. C’est aussi une manière insidieuse d’inclure l’œil extérieur dans son projet, ainsi l’observateur ne devient plus uniquement figurant passif mais acteur actif d’une œuvre, s’enrichissant alors de l’expérience unique de chacun.

Creation of titles. Determination work’s tittles is also part of this global approach. The memory, therefore, being a personal appropriation of the moment, the artist didn’t wish to mark her paintings by imposing a title resulting from her personal experience, thus leaving the spectator to take care of his free reminiscence. It is also an insidious way of including the external eye in this project, so that the observer no longer becomes merely passive but active actor of a work, enriching then the unique experience of each.

Dans les toiles « Iris » ou « Zoé » par exemple, le spectateur peut avoir différents niveaux de réminiscence. Le visuel en lui-même peut lui évoquer un souvenir vécu ou non, une image de film, le récit d’un ami, soulever un débat interne face à l’approbation ou non de l’image ou du geste représenté, mais le titre peut lui aussi venir compléter cette réflexion.  Le prénom de Zoe ou Iris peut alors le ramener au souvenir d’une connaissance et parfaire le récit imaginaire qu’il se fera alors de l’œuvre. Par exemple, il peut se dire « je connais une Zoé au même pouvoir de séduction ingénue que dégage le personnage du tableau » ou inversement. Les sens de lecture deviennent donc alors infinis.L’artiste s’est donc départi des titres et de son influence subjective, en mettant en place un système automatique, basé sur un calcul utilisant la date de réalisation de l’œuvre, associé à une liste de prénoms, qui suit alors un procédé axé sur la dépersonnalisation et la logique.

In the paintings « Iris » or « Zoe » for example, the viewer can have different levels of reminiscence. The visual itself can evoke a memory lived or not, a film image, a friend’s story telling, to raise an internal debate with the approval or not of the image or the represented gesture, but the title can also come to complete this reflection. The name of Zoe or Iris can then bring him back to the memory of an acquaintance and perfect the imaginary narrative that he will then make of the work. For example, he may say « I know a Zoe with the same ingenuous seduction power as the character of the painting » or vice versa. The senses of reading thus become infinite. The artist thus divests himself of the titles and of his subjective influence, by setting up an automatic system, based on a calculation using the date of realization of the work, associated with a list of first names, which then follows a process centered on depersonalization and logic.

Ses thématiques ayant un tronc commun bien souvent centré autour du rapport à la sexualité, Clarisse Bey prend le parti assumé de nommer ses toiles avec des prénoms féminins, marquant ainsi un point d’honneur à revendiquer la libération sexuelle de la femme, encore décriée implicitement dans nos sociétés dites contemporaines.

Her themes having a common core often centered around the relationship to sexuality, Clarisse Bey takes the assumed part of naming her paintings with female names, marking a point of honor to claim the sexual liberation of the woman, still decried implicitly in our so-called contemporary societies.

Les rares titres issus de prénoms masculins se sont imposés, puisque le sujet ne pouvait supporter une autre évocation.  Comment nommer le tableau relatant un des combats de boxe les plus connus de Mike Tyson ? La réponse est évidente, « Michael Gerard » n’étant autre que le prénom administratif du célèbre sportif. De ce fait, l’artiste non seulement resitue la scène mais en plus désacralise cette idole moderne en le remettant au niveau de l’individu. Il devient alors plus accessible, presque commun, alors que le visuel du tableau dégage une force, inerrante au boxeur, hors du commun. Il en va de même pour l’intégralité de ses toiles prenant pour sujet des personnages à valeur historique.

The few titles derived from male names were imposed, since the subject could not bear another evocation. How to name the canvas about one of Mike Tyson’s best-known boxing fights? The answer is obvious, « Michael Gerard » being only the first name of the famous sportsman. As a result, the artist not only resituates the scene but also deacralizes this modern idol by putting it back on the level of the individual. It then becomes more accessible, almost common, while the visual of the table releases a force, inerrant to the boxer, out of the ordinary. The same applies to the entirety of his paintings taking as their subject characters of historical value.